miércoles, 15 de agosto de 2012

Reflexions: François de La Rochefoucauld - Part 2 - 100 Reflexions Ou Sentences et Maximes Morales




101
Il arrive souvent que des choses se présentent plus achevées à notre esprit qu'il ne les pourrait faire avec beaucoup d'art.
102
L'esprit est toujours la dupe du coeur.
103
Tous ceux qui connaissent leur esprit ne connaissent pas leur coeur.
104
Les hommes et les affaires ont leur point de perspective. Il y en a qu'il faut voir de près pour en bien juger, et d'autres dont on ne juge jamais si bien que quand on en est éloigné.
105
Celui-là n'est pas raisonnable à qui le hasard fait trouver la raison, mais celui qui la connaît, qui la discerne, et qui la goûte.
106
Pour bien savoir les choses, il en faut savoir le détail; et comme il est presque infini, nos connaissances sont toujours superficielles et imparfaites.
107
C'est une espèce de coquetterie de faire remarquer qu'on n'en fait jamais.
108
L'esprit ne saurait jouer longtemps le personnage du coeur.
109
La jeunesse change ses goûts par l'ardeur du sang, et la vieillesse conserve les siens par l'accoutumance.
110
On ne donne rien si libéralement que ses conseils.
111
Plus on aime une maîtresse, et plus on est près de la haïr.
112
Les défauts de l'esprit augmentent en vieillissant comme ceux du visage.
113
Il y a de bons mariages, mais il n'y en a point de délicieux.
114
On ne se peut consoler d'être trompé par ses ennemis, et trahi par ses amis; et l'on est souvent satisfait de l'être par soi-même.
115
Il est aussi facile de se tromper soi-même sans s'en apercevoir qu'il est difficile de tromper les autres sans qu'ils s'en aperçoivent.
116
Rien n'est moins sincère que la manière de demander et de donner des conseils. Celui qui en demande paraît avoir une déférence respectueuse pour les sentiments de son ami, bien qu'il ne pense qu'à lui faire approuver les siens, et à le rendre garant de sa conduite. Et celui qui conseille paye la confiance qu'on lui témoigne d'un zèle ardent et désintéressé, quoiqu'il ne cherche le plus souvent dans les conseils qu'il donne que son propre intérêt ou sa gloire.
117
La plus subtile de toutes les finesses est de savoir bien feindre de tomber dans les pièges que l'on nous tend, et on n'est jamais si aisément trompé que quand on songe à tromper les autres.
118
L'intention de ne jamais tromper nous expose à être souvent trompés.
119
Nous sommes si accoutumés à nous déguiser aux autres qu'enfin nous nous déguisons à nous-mêmes.
120
L'on fait plus souvent des trahisons par faiblesse que par un dessein formé de trahir.
121
On fait souvent du bien pour pouvoir impunément faire du mal.
122
Si nous résistons à nos passions, c'est plus par leur faiblesse que par notre force.
123
On n'aurait guère de plaisir si on ne se flattait jamais.
124
Les plus habiles affectent toute leur vie de blâmer les finesses pour s'en servir en quelque grande occasion et pour quelque grand intérêt.
125
L'usage ordinaire de la finesse est la marque d'un petit esprit, et il arrive presque toujours que celui qui s'en sert pour se couvrir en un endroit, se découvre en un autre.
126
Les finesses et les trahisons ne viennent que de manque d'habileté.
127
Le vrai moyen d'être trompé, c'est de se croire plus fin que les autres.
128
La trop grande subtilité est une fausse délicatesse, et la véritable délicatesse est une solide subtilité.
129
Il suffit quelquefois d'être grossier pour n'être pas trompé par un habile homme.
130
La faiblesse est le seul défaut que l'on ne saurait corriger.
131
Le moindre défaut des femmes qui se sont abandonnées à faire l'amour, c'est de faire l'amour.
132
Il est plus aisé d'être sage pour les autres que de l'être pour soi-même.
133
Les seules bonnes copies sont celles qui nous font voir le ridicule des méchants originaux.
134
On n'est jamais si ridicule par les qualités que l'on a que par celles que l'on affecte d'avoir.
135
On est quelquefois aussi différent de soi-même que des autres.
136
Il y a des gens qui n'auraient jamais été amoureux s'ils n'avaient jamais entendu parler de l'amour.
137
On parle peu quand la vanité ne fait pas parler.
138
On aime mieux dire du mal de soi-même que de n'en point parler.
139
Une des choses qui fait que l'on trouve si peu de gens qui paraissent raisonnables et agréables dans la conversation, c'est qu'il n'y a presque personne qui ne pense plutôt à ce qu'il veut dire qu'à répondre précisément à ce qu'on lui dit. Les plus habiles et les plus complaisants se contentent de montrer seulement une mine attentive, au même temps que l'on voit dans leurs yeux et dans leur esprit un égarement pour ce qu'on leur dit, et une précipitation pour retourner à ce qu'ils veulent dire; au lieu de considérer que c'est un mauvais moyen de plaire aux autres ou de les persuader, que de chercher si fort à se plaire à soi-même, et que bien écouter et bien répondre est une des plus grandes perfections qu'on puisse avoir dans la conversation.
140
Un homme d'esprit serait souvent bien embarrassé sans la compagnie des sots.
141
Nous nous vantons souvent de ne nous point ennuyer; et nous sommes si glorieux que nous ne voulons pas nous trouver de mauvaise compagnie.
142
Comme c'est le caractère des grands esprits de faire entendre en peu de paroles beaucoup de choses, les petits esprits au contraire ont le don de beaucoup parler, et de ne rien dire.
143
C'est plutôt par l'estime de nos propres sentiments que nous exagérons les bonnes qualités des autres, que par l'estime de leur mérite; et nous voulons nous attirer des louanges, lorsqu'il semble que nous leur en donnons.
144
On n'aime point à louer, et on ne loue jamais personne sans intérêt. La louange est une flatterie habile, cachée, et délicate, qui satisfait différemment celui qui la donne, et celui qui la reçoit. L'un la prend comme une récompense de son mérite; l'autre la donne pour faire remarquer son équité et son discernement.
145
Nous choisissons souvent des louanges empoisonnées qui font voir par contrecoup en ceux que nous louons des défauts que nous n'osons découvrir d'une autre sorte.
146
On ne loue d'ordinaire que pour être loué.
147
Peu de gens sont assez sages pour préférer le blâme qui leur est utile à la louange qui les trahit.
148
Il y a des reproches qui louent, et des louanges qui médisent.
149
Le refus des louanges est un désir d'être loué deux fois.




150
Le désir de mériter les louanges qu'on nous donne fortifie notre vertu; et celles que l'on donne à l'esprit, à la valeur, et à la beauté contribuent à les augmenter.
151
Il est plus difficile de s'empêcher d'être gouverné que de gouverner les autres.
152
Si nous ne nous flattions point nous-mêmes, la flatterie des autres ne nous pourrait nuire.
153
La nature fait le mérite, et la fortune le met en oeuvre.
154
La fortune nous corrige de plusieurs défauts que la raison ne saurait corriger.
155
Il y a des gens dégoûtants avec du mérite, et d'autres qui plaisent avec des défauts.
156
Il y a des gens dont tout le mérite consiste à dire et à faire des sottises utilement, et qui gâteraient tout s'ils changeaient de conduite.
157
La gloire des grands hommes se doit toujours mesurer aux moyens dont ils se sont servis pour l'acquérir.
158
La flatterie est une fausse monnaie qui n'a de cours que par notre vanité.
159
Ce n'est pas assez d'avoir de grandes qualités; il en faut avoir l'économie.
160
Quelque éclatante que soit une action, elle ne doit pas passer pour grande lorsqu'elle n'est pas l'effet d'un grand dessein.
161
Il doit y avoir une certaine proportion entre les actions et les desseins si on en veut tirer tous les effets qu'elles peuvent produire.
162
L'art de savoir bien mettre en oeuvre de médiocres qualités dérobe l'estime et donne souvent plus de réputation que le véritable mérite.
163
Il y a une infinité de conduites qui paraissent ridicules, et dont les raisons cachées sont très sages et très solides.
164
Il est plus facile de paraître digne des emplois qu'on n'a pas que de ceux que l'on exerce.
165
Notre mérite nous attire l'estime des honnêtes gens, et notre étoile celle du public.
166
Le monde récompense plus souvent les apparences du mérite que le mérite même.
167
L'avarice est plus opposée à l'économie que la libéralité.
168
L'espérance, toute trompeuse qu'elle est, sert au moins à nous mener à la fin de la vie par un chemin agréable.
169
Pendant que la paresse et la timidité nous retiennent dans notre devoir, notre vertu en a souvent tout l'honneur.
170
Il est difficile de juger si un procédé net, sincère et honnête est un effet de probité ou d'habileté.
171
Les vertus se perdent dans l'intérêt, comme les fleuves se perdent dans la mer.
172
Si on examine bien les divers effets de l'ennui, on trouvera qu'il fait manquer à plus de devoirs que l'intérêt.
173
Il y a diverses sortes de curiosité: l'une d'intérêt, qui nous porte à désirer d'apprendre ce qui nous peut être utile, et l'autre d'orgueil, qui vient du désir de savoir ce que les autres ignorent.
174
Il vaut mieux employer notre esprit à supporter les infortunes qui nous arrivent qu'à prévoir celles qui nous peuvent arriver.
175
La constance en amour est une inconstance perpétuelle, qui fait que notre coeur s'attache successivement à toutes les qualités de la personne que nous aimons, donnant tantôt la préférence à l'une, tantôt à l'autre; de sorte que cette constance n'est qu'une inconstance arrêtée et renfermée dans un même sujet.
176
Il y a deux sortes de constance en amour: l'une vient de ce que l'on trouve sans cesse dans la personne que l'on aime de nouveaux sujets d'aimer, et l'autre vient de ce que l'on se fait un honneur d'être constant.
177
La persévérance n'est digne ni de blâme ni de louange, parce qu'elle n'est que la durée des goûts et des sentiments, qu'on ne s'ôte et qu'on ne se donne point.
178
Ce qui nous fait aimer les nouvelles connaissances n'est pas tant la lassitude que nous avons des vieilles ou le plaisir de changer, que le dégoût de n'être pas assez admirés de ceux qui nous connaissent trop, et l'espérance de l'être davantage de ceux qui ne nous connaissent pas tant.
179
Nous nous plaignons quelquefois légèrement de nos amis pour justifier par avance notre légèreté.
180
Notre repentir n'est pas tant un regret du mal que nous avons fait, qu'une crainte de celui qui nous en peut arriver.
181
Il y a une inconstance qui vient de la légèreté de l'esprit ou de sa faiblesse, qui lui fait recevoir toutes les opinions d'autrui, et il y en a une autre, qui est plus excusable, qui vient du dégoût des choses.
182
Les vices entrent dans la composition des vertus comme les poisons entrent dans la composition des remèdes. La prudence les assemble et les tempère, et elle s'en sert utilement contre les maux de la vie.
183
Il faut demeurer d'accord à l'honneur de la vertu que les plus grands malheurs des hommes sont ceux où ils tombent par les crimes.
184
Nous avouons nos défauts pour réparer par notre sincérité le tort qu'ils nous font dans l'esprit des autres.
185
Il y a des héros en mal comme en bien.
186
On ne méprise pas tous ceux qui ont des vices; mais on méprise tous ceux qui n'ont aucune vertu.
187
Le nom de la vertu sert à l'intérêt aussi utilement que les vices.
188
La santé de l'âme n'est pas plus assurée que celle du corps; et quoique l'on paraisse éloigné des passions, on n'est pas moins en danger de s'y laisser emporter que de tomber malade quand on se porte bien.
189
Il semble que la nature ait prescrit à chaque homme dès sa naissance des bornes pour les vertus et pour les vices.
190
Il n'appartient qu'aux grands hommes d'avoir de grands défauts.
191
On peut dire que les vices nous attendent dans le cours de la vie comme des hôtes chez qui il faut successivement loger; et je doute que l'expérience nous les fît éviter s'il nous était permis de faire deux fois le même chemin.
192
Quand les vices nous quittent, nous nous flattons de la créance que c'est nous qui les quittons.
193
Il y a des rechutes dans les maladies de l'âme, comme dans celles du corps. Ce que nous prenons pour notre guérison n'est le plus souvent qu'un relâche ou un changement de mal.
194
Les défauts de l'âme sont comme les blessures du corps: quelque soin qu'on prenne de les guérir, la cicatrice paraît toujours, et elles sont à tout moment en danger de se rouvrir.
195
Ce qui nous empêche souvent de nous abandonner à un seul vice est que nous en avons plusieurs.
196
Nous oublions aisément nos fautes lorsqu'elles ne sont sues que de nous.
197
Il y a des gens de qui l'on peut ne jamais croire du mal sans l'avoir vu; mais il n'y en a point en qui il nous doive surprendre en le voyant.
198
Nous élevons la gloire des uns pour abaisser celle des autres. Et quelquefois on louerait moins Monsieur le Prince et M. de Turenne si on ne les voulait point blâmer tous deux.
199
Le désir de paraître habile empêche souvent de le devenir.
200
La vertu n'irait pas si loin si la vanité ne lui tenait compagnie.





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